08 juin 2014 ~ 6 Commentaires

André Torre | A vos contributions !

Autonomie des régions, économies budgétaires, renouvellement de l’organisation territoriale, décentralisation, recompositions régionales … La réforme territoriale présentée par la Présidence de la République et les Pouvoirs publics propose une réorganisation des territoires s’appuyant sur une réduction et un remaniement du périmètre des régions, qui serait le prélude à des changements encore plus importants en matière d’attributions des compétences et d’affaiblissement de la place des départements.

Les avis divergent sur cette opération. Big bang territorial, simplification administrative ou Acte I de la recentralisation ?

A la RERU, nous pensons que l’occasion est belle pour lancer une discussion sur les questions d’organisation des territoires. C’est pourquoi nous ouvrons une consultation scientifique nationale sur la question de la réforme territoriale. http://bigbangterritorial.unblog.fr/

Un blog est mis à votre disposition pour y poster vos avis et vos commentaires sur la question. Les billets doivent être envoyés à l’adresse : RERU@asrdlf.org

Par ailleurs, des contributions plus denses seront reçues sur notre site et feront l’objet d’un référencement rapide, pour être éventuellement publiées dans les prochains numéros de la revue, sous forme de notes de recherche.

André TORRE, Rédacteur en chef de la Revue d’Economie Régionale et Urbaine

 

Administrateurs et modérateurs : André TORRE et Sébastien BOURDIN

6 Réponses to “André Torre | A vos contributions !”

  1. jean-marie bouquery 14 juin 2014 à 21 h 12 min

    « Cujus regio ejus religio ».
    Pouvoirs et confessions; bruits et fureurs des théâtres d’histoire; cordons cicatriciels, fractures telluriques et raison géométrique de gouverneurs; carrefours d’idiomes et de costumes. Cartes de France et d’Eurasie, d’Afrique et des Amériques. On peut raconter, comment justifier ? Pour demain, un peu de science, pari des initiateurs, et de sagesse pourront ils frayer dans nos savoirs établis et expériences partagées ? Rompre avec la violence ? Des règles communes peuvent elles fonder une bonne intelligence entre ce qu’elles réunissent et ceux qu’elles séparent ? jm b

  2. C’est le pari de l’intelligence et de la réflexion face à des projets souvent aussi vite lancés que retirés et marqués par l’absence de consultation des populations, en particulier de celles qui agissent et construisent les territoires locaux. La réflexion de spécialistes de ces questions, de chercheurs, d’universitaires, de « penseurs » de différents origines, doit nous permettre de mieux comprendre ce qui se trame, mais aussi de tracer des pistes de réflexion pour l’avenir. On dit que les intellectuels ne s’impliquent plus suffisamment dans les débats de société ? Aujourd’hui, il y a une ardente obligation à le faire, et les recherches réalisées depuis quelques dizaines d’années sur le sujet, ainsi que l’expérience des premières phases de décentralisation, doivent nous permettre de le faire. L’occasion est belle!

  3. Bonne idée que ce blog spécialisé pour un débat sur le découpage territorial!

    Même si ce découpage n’engendre aucunes économies (au contraire) … La véritable source de plus d’efficacité, managériale et financière, ne trouvera sa source que dans la définition de champs d’intervention disjoints entre les différents niveaux géographiques. Ce qu’il faudrait peut-être initialement rappeler.

    Mais faire entrer un peu de sens géographico-économique dans cette décision politique (guidée par les relations entre les hommes politiques) et politicienne (poudre aux yeux favorisant un aveuglement temporaire pour les vrais problèmes), quel magnifique challenge vous choisissez!

    Henri Serbat

  4. Paulette Pommier 25 juin 2014 à 13 h 02 min

    Pour des régions plus fortes !

    En reconnaissant aux régions la pleine responsabilité du développement économique, le projet de loi élaboré par le gouvernement a tranché en faveur d’un pilotage par une seule collectivité. Nous sommes de ceux qui se réjouissent de ce choix et approuvent l’orientation prise en faveur de régions stratèges, soucieuses de l’avenir des territoires et élaborant à cette fin un schéma. Il faut espérer que celui-ci reposera sur un travail collectif d’analyse des forces et faiblesses des territoires et qu’il débouchera autant sur une anticipation des mutations que sur l’appui à de futurs pôles de développement autour de clusters rassembleurs des forces vives locales. Et in fine sur la densification du tissu productif dont notre pays a besoin.
    En même temps nous souhaiterions que le législateur se montre plus audacieux en accordant aux régions une responsabilité à l’égard des composantes du dynamisme économique que sont la formation (on pense aux fonds des organismes collecteurs agréés, les OPCA qui restent centralisés) et l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Car les compétences sont au cœur du développement économique. Trop d’instruments restent gérés au niveau national. Trop de rigidités notamment sur le marché du travail ne peuvent être levées faute d’intervenants proches du terrain. Les régions pourraient demain y remédier.

  5. Gilbert Beaubatie 17 juillet 2014 à 8 h 10 min

    Face à la réforme territoriale, qu’aurait « pensé » Jules Michelet ?

    Plusieurs élus corréziens ont manifesté leur mécontentement face au projet de redécoupage des régions et affiché leur préférence en faveur d’un rattachement à l’Aquitaine. Hervé Le Bras, éminent démographe et professeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, vient à son tour de stigmatiser la réforme territoriale, à ses yeux mal préparée et dépourvue de lisibilité. Le Massif central risque tout simplement d’être « vidé ».
    Au cours d’un voyage qu’il a entrepris à partir du 19 août 1835, accompagné de Victor Duruy, futur ministre de l’Instruction publique, dans le Sud-Ouest et le Midi de la France, Jules Michelet a été amené à traverser la Corrèze avant de se rendre à Limoges. Il n’a pas manqué de livrer dans son Journal resté longtemps inédit, ses réflexions sur le Bas-Limousin, autrement dit la Corrèze :
    « Tulle est une vieille petite ville épiscopale, aujourd’hui industrielle. Brive, commerçante, a produit Dubois, Brune, Treilhard, une foule de colonels… C’est de l’énergie auvergnate méridionalisée. Cette population, comme ses fleuves (sic), Corrèze et Vézère, appartient plus à l’Auvergne qu’au Limousin. La Corrèze est fille du Cantal ».
    Dans son Tableau de la France, il ajoute que si le Limousin est un « pays souffrant, disputé si longtemps entre l’Angleterre et la France », le Bas-Limousin « est autre chose ; le caractère remuant et spirituel des méridionaux y est déjà frappant. Les noms des Ségur, des Saint-Aulaire, des Noailles, des Ventadour, et surtout des Turenne, indiquent assez combien les hommes de ce pays se sont rattachés au pouvoir central et combien ils y ont gagné. »
    On devine, à travers ces observations, quelle aurait été la position de Jules Michelet dans le débat actuel. Une autre personnalité y aurait sans doute apporté une riche contribution, le regretté Jean Charbonnel…

    Gilbert Beaubatie

  6. de MAURICE BASLE
    Le numéro de Place Publique de SEPTEMBRE-OCTOBRE 2014 contient son nouvel article intitulé par la rédaction « Plaidoyer pour de grandes régions ».

    Vers une organisation territoriale à moindre coût.

    L’enjeu de la réforme est triple : simplification, spécialisation, responsabilité de chaque niveau territorial. La transition est un problème redoutable mais surmontable par des majorités entreprenantes (agiles) et responsables (pour aider les aires à l’ouest ou au centre plus fragiles). Les États membres peuvent en effet passer le relais à de Grandes régions bien articulées avec leurs métropoles parce que Grandes Communes et Grandes Régions peuvent être en capacité de faire à moindre coût et à plus fort rendement. Il faut espérer une rapide transition vers cette organisation (avec validation par une votation ou un référendum ?). Vu le chemin suivi depuis juin 2014, un échec de la réforme est cependant à craindre et la routine l’emporterait.
    L’innovation de rupture, aujourd’hui, c’est que chacun doit apprendre à faire vivre la démocratie locale (agglos, métropoles, intercommunalités ou pays) et la gouvernance régionale et nationale (État-Grandes régions) « à moins cher », en étant « plus simple et lisible » et aussi « encore plus efficace et pour tous ». Dans cet esprit, les élections pourraient aussi être simplifiées : vote aux municipales pour des conseillers municipaux et de grandes communes ; vote aux Grandes Régionales ; vote aux législatives ; vote aux Européennes ; le Sénat, s’il restait nécessaire avec un État girondin, pourrait recevoir des élus sur des listes composées à partir des élus territoriaux de niveau 1 (les grandes communes) et de niveau 2 (les grandes régions). Enfin, le référendum local et régional pourrait être davantage utilisé (comme en Suisse) pour vaincre les crises et faire avancer les réformes territoriales. Mais est-il possible dans ce pays d’envisager un référendum où l’on répondrait vraiment à la question posée : État jacobin ou État girondin ? Peut-être faudrait-il oser dire : qui est pour la fédéralisation de la République française qui comme chacun sait est déjà « est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » ?


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